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Souvenirs Souvenirs Ep. 5 - Christine Doublet
Souvenirs Souvenirs Ep. 5 - Christine Doublet
29 octobre 2023
"Panthelis en t-shirts Marathi : deux t-shirts achetés à vingt ans d'intervalle dans l'un de mes restaurants préférés en Grèce, Panthelis, sur l'île de Marathi au large de la côte de Patmos où ma famille et moi allons presque chaque été"


Pour ce cinquième épisode de Souvenirs, Souvenirs, une personnalité de l’ombre nous présente ses habits de lumière issus de ses lieux d’hospitalité favoris à travers le monde. Directrice adjointe du Fooding, la franco-américaine Christine Doublet nous dévoile le palmarés de ses meilleures pièces de merch !

Peux-tu nous raconter ton métier ?
Je m’appelle Christine Doublet, je suis la directrice adjointe du Fooding, guide de restaurant et agence événementielle qui existe depuis maintenant vingt-trois ans. Je m’occupe de toute la partie éditoriale et événementielle, je chapote toutes nos publications papier et digital, et tous les événements qu’on produit en France et en Belgique. Je ne suis pas seule, on est une équipe de vingt-cinq personnes.

"Mon tout petit assortiment de : Le Maquis, Le Café des Délices, Hotel Grand Amour, Le Cadoret et La Fontaine de Mars à Paris, Emilia à Mexico, Grandfathers à Tokyo, Pancho's et Gigi's à Los Angeles et Maracuja à New York"


Depuis combien de temps es-tu chez eux ?
Ça va faire neuf ans que je suis au Fooding. Je suis arrivée en tant que stagiaire, et je suis à cette position depuis deux ans.

L’univers de la cuisine et des restaurants a toujours été ta passion ?
Oui on aime beaucoup manger dans ma famille, mes deux parents cuisinent beaucoup. J’ai également travaillé pour une école de cuisine, tous les étés pendant les années lycée. Et j’ai été traductrice pour des revues de cuisine et vins durant mes études. Enfin j’ai travaillé pendant un an et demi pour le chef Daniel Boulud à New York, notamment dans le pôle éditorial.


Tu es d’origine américaine ?
Je suis franco-américaine, née à Los Angeles, j’ai grandi quinze ans aux États-Unis avant d’arriver à Paris l’année de mon entrée en seconde.

Tu as grandie dans une culture américaine où le merch est omniprésent. En quoi est-il différent aux États-Unis ?
Aux États-Unis, vraiment tout le monde porte du merch, notamment des écoles. Sur toutes les photos depuis que je suis petite, tu peux me voir avec un pull Standford ou Berkley, la fac de mes parents. Puis une fois les études finies, j’ai commencé à représenter plutôt mes restaurants préférés, l’univers dans lequel j’évolue maintenant.


Aux États-Unis, qu’un lieu d’hospitalité développe des produits de merch est presque une norme ?
Oui, qu’ils le vendent ou pas, ils en ont tous. Je viens de Californie où In’N’Out est très fort sur ce sujet. C’est la meilleure chaîne de burgers aux États-Unis et ils font des collections de merch qu’il renouvellent toutes les saisons.

D’où vient selon cette culture de la revendication de lieux ? Est-ce purement publicitaire ou est-ce plus profond que ça ?
C’est publicitaire, mais c’est aussi lié au fait que les États-Unis est un pays immense. La France équivaut à un état américain, mais on partage une langue commune et beaucoup de gens quittent leurs états natals pour les études et c’est un peu un moyen de revendiquer sa région d’origine.


Le sweatshirt de « college » américain c’est un peu comme notre numéro de département sur la plaque d’immatriculation en France…
Oui c’est un peu ça.

En France, la culture merch, notamment pour les lieux d’hospitalité, est beaucoup plus rare ?
Oui, c’est arrivé plus récemment en France. Les restaurants ont seulement commencés à s’y intéresser il y a peu. Ils se rendent comptent maintenant que c’est un vrai phénomène. C’est aussi un peu grace à toi, je me souviens d’événements que tu organisais il y a cinq, six ans. Tu faisais déjà du merch pour tes pop-ups mais c’était super rare à l’époque. Personne ne le faisait encore. Idem pour le restaurant Sagi Taverna à Perpignan, ils travaillent depuis toujours avec un bureau de design pour développer du merch, qu’ils déclinent  même sur des bouteilles de Vermouth. Ce sont des exemples rares.


Comment tu expliques que ça se soit autant développé parmi les restaurateurs français ?
C’est une combinaison de facteurs. C’est à la fois le phénomène de la « bouffe » qui est extrêmement à la mode. Pendant les fashion weeks désormais, tous les défilés de mode sont suivis par des dîners. Ce n’était pas le cas avant. C’est devenu une partie centrale. Les gens ont plus l’envie de montrer où ils sont allés manger.

Le choix d’un restaurant pour une marque, pour un événement, fait quasiment partie de la direction artistique.
Ça dit énormément sur la marque oui. Les gens y prêtent vraiment attention.


Tu as l’impression que certains restaurants ont une identité de « marque » plus forte que même certaine marque de mode ?
Oui, je pense qu’à l’époque les marques importantes dans ce milieu étaient des lieux comme Le Café de Flore ou les grandes brasseries : Lipp, Au Pied de Cochon, La Coupole. Tous ces lieux qui figurent dans tous les bouquins du début du vingtième siècle. Maintenant ce sont plutôt les nouveaux restaurants dit « cools » qui deviennent des marques. Je pense notamment au Bistrot Paul Bert, le Bistrot des Tournelles ou le Verre Volé. Les nouveaux lieux fréquentés par les touristes américains.

Quel est ton rapport aux produits dérivés  ? Quel genre de lieu te donne envie d’acheter du merch ?
Un beau graphisme ne suffit pas. Je n’achète pas du merch pour montrer que je suis allé manger là, je n’achète du merch que si j’ai vraiment aimé le restaurant. Mais je dois le trouver beau aussi…
Mon dernier achat en date vient d’un restaurant démentiel à Gand en Belgique. Ça s’appelle Alberte. Leur casquette est trop chouette et reprend la couleur bleue de la façade. Tout fait sens chez eux. Parfois on m’offre des t-shirts aussi, mais je ne porterai jamais du merch d’un endroit où je ne suis jamais allée.

Tu représentes un média et un guide qui relate la scène food, est-ce qu’il t’arrive de devoir réfléchir à quel t-shirt de restaurant porter ou pas en fonction de tes sorties ?
J’ai un énorme tote bag du Doyenné, que j’ai emmené récemment en voyage au Japon. Mais de part ma fonction, je ne me vois pas le porter à Paris, alors que nous leur avons décerné un prix Fooding récemment. Je trouve que ça pourrait faire snob. Parfois aussi, lorsque je visite un restaurant pour le guide, je dois rester incognito. Un t-shirt d’un restaurant pourrait attirer l’attention. Ça m’ai arrivé récemment et je me suis sentie mal à l’aise. J’ai mes coups de coeur mais je dois rester dans une position d’impartialité. À Paris, je fais donc attention à ce que je porte.

Tu veux t’éviter des problèmes politiques !
Oui, exactement.

Le merch le plus réussi selon toi sur ces dernières années ?
Un bon merch, doit être simple et impactant visuellement. Je pense à Courage Bagels à Los Angeles. Les couleurs, la police utilisée sur la casquette ou le pull, je trouve que ça claque. Ils sont tout le temps sold-out. J’adore Sagi Taverna aussi.


Tu aimes ces interactions positives de « tribu » que génèrent le merch ? Deux personnes qui se parlent dans la rue à cause d’une casquette.
C’est cool mais je suis un peu timide, donc e ne parle pas beaucoup aux gens. Ça m’ai arrivé récemment avec un t-shirt de Sweet Pickle Books de New York. J’ai croisé une fille avec le même t-shirt, on a fini par prendre une photo ensemble.

En résumé, le merch c’est pas pour les timides !
Je ne cherche pas forcément à créer de la conversation avec ma tenue effectivement.

Avec Le Fooding vous avait récemment sorti plein de produits à votre effigie. Raconte nous.
Depuis trois ans on s’y ai mis davantage oui, avec les directeurs artistiques de notre guide, le studio Choque Le Goff. Avec eux, on a commencé naturellement à faire du merch. Il y a notamment cette série de t-shirts qui reprennent des articles du guide. Tu peux par exemple lire un article entier de notre dernier guide sur mon dos. La même année on a fait notre cérémonie de remise des prix au Stade Bauer à Saint-Ouen, en collaboration avec le Red Star. On a fait des écharpes de football cette année là. On a aussi fait des sauces piquantes. Tout le monde au bureau du Fooding porte du merch, et notamment nos produits.


Si tu avais la possibilité de créer ton produit de merch rêvé, peux-tu nous le décrire ?
Je l’ai fait ! Notre rédactrice-en-chef allait se marier. Les deux étant fans de foot, les écharpes sont aux couleur du club de l’Union Saint-Gilloise à Bruxelles, qui est en plus sponsor du Fooding. C’était son rêve et on l’a fait. On les a distribué à minuit avec des fumigènes au mariage.

Si tu devais prendre un item sur le site GiftShop ce serait quoi ?
Côté pratique, j’ai besoin de la guillotine à bagels de Zabar’s. En produit vintage je prendrai l’assiette vide poche du Ritz. Et enfin en produit en collaboration avec GiftShop je prendrais la veste du Verre Volé avec Service Works, en vert car elle est trop belle.


Ton last meal ?
Le Cheval d’Or samedi dernier, c’était trop bon.

Et le prochain ?
Demain midi je vais chez Datil de la cheffe Manon Fleury et bientôt au 6 Paul Bert avec Pauline Sène.

Texte : Julien Pham
Photos : Martin Josserand

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